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Certi-fy
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Cas pratique5 min de lecture · 22 février 2026

Comment un cabinet d'avocats utilise Certi-fy pour ses dossiers

Retour d'expérience sur l'utilisation du certificat d'authenticité dans des dossiers de contrefaçon, litige locatif et preuve de publication.

Un cabinet parisien spécialisé en propriété intellectuelle reçoit, un matin d'octobre, trois dossiers distincts sur son bureau. Le premier concerne un photographe dont les clichés ont été reproduits sans autorisation sur une plateforme e-commerce. Le second implique un propriétaire-bailleur qui conteste l'état d'un appartement au départ d'un locataire. Le troisième porte sur des propos diffamatoires publiés sur un réseau social, supprimés quarante-huit heures plus tard, dont il ne reste qu'une capture d'écran prise par le client sur son téléphone. Dans les trois cas, la même question fondamentale se pose : comment établir l'authenticité et l'antériorité d'une preuve visuelle de manière à ce qu'elle soit recevable devant une juridiction française ?

La montée en puissance des preuves visuelles contestées

Les contentieux impliquant des preuves numériques ont connu une progression sensible devant les juridictions civiles et commerciales françaises au cours des dernières années. Les photos contrefaites, les captures d'écran de publications litigieuses et les états des lieux photographiés constituent désormais une part significative des pièces versées aux dossiers. Or, ces éléments souffrent d'une fragilité probatoire inhérente : un fichier image peut être antédaté, modifié, recompressé. Les métadonnées EXIF sont effaçables. Une capture d'écran peut être retouchée en quelques secondes avec des outils grand public.

Jusqu'à récemment, le cabinet avait recours à deux solutions : le constat d'huissier pour les contenus en ligne, et l'expertise judiciaire pour les fichiers photographiques anciens. Ces deux approches restent pertinentes dans les dossiers à enjeux élevés, mais elles présentent un coût et des délais qui deviennent disproportionnés pour des affaires de taille intermédiaire. Un constat d'huissier pour une capture d'écran facture entre 200 et 400 euros et peut nécessiter plusieurs jours de délai. Une expertise judiciaire se chiffre en milliers d'euros et mobilise des mois de procédure.

C'est dans ce contexte que le cabinet a intégré la certification numérique via Certi-fy dans son protocole documentaire standard.

Trois types de dossiers, trois applications concrètes

La contrefaçon de photographies

Dans le premier dossier, un photographe professionnel de reportage prétend avoir réalisé plusieurs clichés lors d'un événement corporate en 2022. Ces photographies se retrouvent deux ans plus tard dans le catalogue d'une enseigne nationale, sans cession de droits ni mention de l'auteur. L'accusée conteste l'antériorité et affirme que les visuels ont été produits par un tiers.

Le photographe dispose de ses fichiers RAW originaux, avec leurs métadonnées EXIF intactes : modèle d'appareil, date et heure de prise de vue, coordonnées GPS, paramètres d'exposition. Ces signaux sont exploitables juridiquement, mais ils restent contestables tant qu'ils ne sont pas figés par un mécanisme indépendant. En soumettant ses fichiers à Certi-fy, le photographe obtient un certificat horodaté par un hash SHA-256 et un timestamp qualifié. Ce certificat établit que ce fichier, avec ces métadonnées exactes, existait à cette date précise. Il est versé au dossier comme pièce documentaire à part entière.

La chambre commerciale saisie du litige n'a pas ordonné d'expertise contradictoire sur le fichier : le certificat, accompagné de la fiche technique de l'appareil et des métadonnées analysées, a suffi à emporter la conviction du tribunal sur l'antériorité.

Les litiges locatifs et la gestion patrimoniale

Le second dossier illustre un cas d'usage répété : le propriétaire-bailleur qui gère un parc de douze appartements en région parisienne. Pour chaque entrée de locataire, le cabinet lui a recommandé de photographier systématiquement l'ensemble du logement et de certifier immédiatement ces prises de vue via Certi-fy.

Le protocole est simple et reproductible : le jour de l'état des lieux entrant, le bailleur photographie chaque pièce, chaque équipement, chaque défaut préexistant. Il soumet le lot d'images à la plateforme, obtient un certificat par fichier avec le hash SHA-256 correspondant, et les liens de vérification sont archivés dans le dossier locatif. En cas de litige au départ du locataire -- dégradations contestées, état comparatif litigieux -- les photographies certifiées constituent une preuve documentaire dont la date et l'intégrité sont incontestables.

Dans le dossier traité par le cabinet, le locataire contestait l'existence de dégradations sur les boiseries du salon. Les photographies certifiées à l'entrée montraient clairement l'état initial. Le juge des contentieux de la protection a retenu les pièces sans ordonner de mesure d'instruction complémentaire.

La preuve de publication avant suppression

Le troisième cas est peut-être le plus courant et le plus délicat : un client victime de propos diffamatoires publiés sur un réseau social effectue une capture d'écran avant que le contenu ne soit supprimé par son auteur. Cette capture, réalisée sur un smartphone, ne bénéficie d'aucun mécanisme d'authentification natif. L'auteur des propos peut nier les avoir publiés ou contester la fidélité de la reproduction.

En certifiant la capture d'écran via Certi-fy dans les heures suivant sa réalisation, le client crée un ancrage temporel irrévocable. Le hash SHA-256 du fichier image est calculé et horodaté. Le certificat atteste que cette image précise existait à cette heure précise. Toute tentative ultérieure de falsification de la capture -- même mineure, un seul pixel modifié -- produirait un hash différent, rendant la manipulation immédiatement détectable.

Ce mécanisme est d'autant plus important que les réseaux sociaux ne conservent pas toujours les logs nécessaires à une réquisition judiciaire, et que les délais de réponse aux demandes de preservation of evidence peuvent dépasser le temps pendant lequel les données sont effectivement disponibles.

Le workflow adopté par le cabinet

L'intégration de Certi-fy dans le flux de travail du cabinet repose sur un principe de délégation éclairée. Les avocats n'effectuent pas eux-mêmes la certification : ils transmettent à leurs clients des instructions précises sur le protocole à suivre, au moment où la preuve doit être sécurisée, c'est-à-dire le plus tôt possible après sa création ou sa découverte.

Le client se rend sur la page de certification, soumet le fichier image concerné, obtient son certificat avec le lien de vérification unique et le transmet à l'avocat qui le verse au dossier. Ce lien permet à toute partie -- adversaire, expert, magistrat -- de vérifier en temps réel l'intégrité du fichier et la validité du certificat, sans dépendre d'un intermédiaire.

Le cabinet conserve les liens de vérification dans son système de gestion documentaire, organisés par dossier et par type de pièce. En cas de production aux débats, la pièce est accompagnée de son certificat imprimé et du lien de vérification mentionné dans le bordereau de communication.

Ce que ça change devant les tribunaux

Les juges des contentieux de la protection et les chambres commerciales des tribunaux judiciaires parisiens sont désormais familiers avec la certification SHA-256 horodatée. Ce mécanisme s'inscrit dans un cadre légal éprouvé : le hachage cryptographique est reconnu par les juridictions françaises comme un moyen d'établir l'intégrité d'un document numérique, à condition que le processus de certification soit documenté et vérifiable.

L'avantage pratique est significatif : le certificat est versé comme pièce documentaire dans le bordereau de communication des pièces, au même titre qu'un constat d'huissier, mais sans qu'il soit nécessaire d'ordonner une expertise contradictoire sur son contenu. La charge de la contestation revient à la partie adverse, qui doit démontrer que le hash est incorrect ou que le processus de certification a été compromis. Dans les dossiers traités, cette contestation n'a pas été soulevée.

Il faut cependant nuancer : la certification numérique ne remplace pas l'huissier dans tous les contextes. Pour les captures d'écran de sites web complexes ou les constats de contrefaçon en ligne nécessitant une navigation documentée, le constat d'huissier reste la référence. La certification Certi-fy s'impose en revanche pour les fichiers images dont on possède l'original, et pour les captures d'écran réalisées dans l'urgence.

Le gain de temps et de coût en pratique

Pour le cabinet, l'impact est mesurable. Sur les dossiers de taille intermédiaire -- ceux dont les enjeux se situent entre 5 000 et 50 000 euros -- la certification numérique évite dans une majorité de cas le recours à l'expertise judiciaire sur l'authenticité des pièces photographiques. Le coût d'un certificat est marginal au regard des honoraires en jeu et du temps procédural économisé.

Du côté des clients, la démarche est accessible : soumettre une image sur une plateforme en ligne ne nécessite pas de compétence technique particulière. La barrière d'usage est infiniment plus basse que l'organisation d'un déplacement d'huissier, surtout lorsque la preuve doit être sécurisée dans l'urgence, un soir ou un week-end.

La conformité RGPD et AI Act : un critère de choix

Pour un cabinet d'avocats, le traitement des données de ses clients est soumis au secret professionnel et aux obligations issues du règlement général sur la protection des données. Le recours à un prestataire de certification numérique implique de vérifier que les données transmises -- des fichiers images pouvant contenir des informations personnelles identifiables -- sont traitées dans des conditions conformes.

Certi-fy est hébergé en France, sur des infrastructures OVH, sans transfert de données hors de l'Union européenne. Cette localisation est un prérequis non négociable pour un cabinet soumis aux règles déontologiques du Barreau de Paris. La plateforme mentionne également sa conformité avec le règlement européen sur l'intelligence artificielle (AI Act) sur chaque certificat émis, ce qui est pertinent dans un contexte où les outils d'analyse d'image font l'objet d'un encadrement réglementaire croissant.

Ces éléments figurent dans les conditions générales que le cabinet a vérifiées avant d'intégrer la solution dans son protocole documentaire. La conformité réglementaire n'est pas un argument marketing : c'est une condition d'utilisation pour les professionnels du droit.

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